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N°11
du Lundi 1er Septembre 2003
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Rideau
Ngqoko
Women's ensemble
Des voix comme matériau sonore
Le 30 août
2003, à la salle Anoumabo du palais de la Culture, le Ngqoko
Women's Ensemble d'Afrique du Sud a impressionné par ses
voix.
Des voix qui
montent, soufflent, donnent et touchent. Des voix diversifiées
qui s'entremêlent pour offrir un cocktail musical impressionnant.
L'ensemble Ngqoko Women's d'Afrique du Sud qui est monté
sur la scène de la salle Anoumabo du palais de la Culture
de Treichville au soir du 30 août 2003 a de manière
réelle touché la sensibilité du public venu
le découvrir. Ce groupe de femmes Xhosa de la tribu Ngqoko
qui chantent en se faisant accompagner d'arcs musicaux a donné
un spectacle d'une originalité absolue. On connaît
les styles des Mahatella Queens, Brenda Fassie, Johnny Clegg et
autres Sikelé, qui sont très enlevés, avec
un accent accru sur les instruments musicaux modernes. Ngqoko Women's
Ensemble a une autre démarche. Seules enveloppent la salle
de spectacle, les voix dynamiques et fortes qui constituent en fait
l'essentiel du spectacle. Il y a quelque chose d'exotique, de mythique
et même de cultuel dans leur approche de la musique, à
tel point qu'on se trouve comme embarqué dans cet univers
spirituel particulier. Sur scène, elles sont emportées
par leur sujet. Et l'espèce de chorégraphie quelque
peu surréaliste qu'elles développent est telles que,
le son des arcs musicaux du petit tambour en peau de bête
et les voix qui crépitent font éclater comme une rafale
toute la dynamique de leur art. Le spectateur attentif se retrouve
alors à questionner son intelligence et à renouveler
sa sensibilité, face à cette musique dont le savoir-faire
apparaît ancestral avec toute son esthétique. Les non
initiés peuvent manifester quelques déceptions en
ne trouvant pas très " bandant ", leur jeu scénique.
Qu'importe ! Ce n'était pas l'objectif poursuivi par ces
braves dames venues au Masa présenter les meilleurs chants
traditionnels de la région du Transkeil où elles résident.
Culturellement engagées, elles le sont. Il n'y a qu'à
regarder et peut-être à admirer les costumes qu'elles
avaient sur scène ou en dehors. Les pieds nus, jupes en tissus
de bois, bracelets en os d'animaux, foulards en forme de cornes.
Au final, quoi qu'on dise ou quoi qu'on en pense, on se souviendra
pendant longtemps du passage de ces grandes dames de l'Ensemble
Ngqoko, au Masa 2003. Leurs chants polyphoniques et leur voix, matériau
principal de leur expression scénique resteront à
jamais gravés dans les mémoires.
Jean
François Channon
Orlando
Julius
Dans la lignée de Fela et James Brown
L'Afrique a
connu des musiciens de renom qui, par le souffle de leurs cuivres
ont su charrier à travers le temps et l'espace les sonorités
made in Africa.
Ainsi, le Sud
africain Hugh Masekela, le Camerounais Manu Dibango et les Nigérians
Fela Ramson Kuti, Femi Kuti et Lagbaja, qui ont parcouru les scènes
du monde, ont semé leurs différentes esthétiques
musicales. Dans cette foulée, s'inscrit Orlando Julius.
Cet excellent
saxophoniste ténor, originaire du pays yorouba, nous est
apparu à ce Masa comme un disciple averti. Il a une technique
de jeu de haut niveau. Son sens de la direction artistique est affiné.
En effet, son big band composé de dix musiciens et trois
choristes - danseurs s'inscrit dans la lignée de Fela Kuti
et de James Brown. La section cuivre assure le relais entre le chant
dans le style de l'Afro-beat et celui de James Brown et reste le
back-ground où les talking-drums et les tambours bata sont
profondément encrés dans le pays yorouba. Orlando
Julius peut alors se laisser aller à une ballade stylistique
entre high-life, soul music, rock, rap, afro-beat et
afro-soul,
son esthétique musicale qui apparaît comme un cocktail
de Fela et de James Brown rendu par un Band bien rodé.
Luc
Hervé N'Ko
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