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N°11
du Lundi 1er Septembre 2003
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Regards
croisés
Massa Dambali
Sacré talent !
" Masa
Dambali " ! c'est l'une des deux pièces qui ont servi
de lancement aux spectacles théâtraux à cette
édition 2003 du Massa.
Une heure quinze
durant, la compagnie ivoirienne Naforo-Ba a régalé
le public d'émotions et de paroles fortes. La parole dans
sa complète totalité : parole poésie, parole
musique, parole chanson et danse.
" Massa
Dambali " est une expression des origines du monde, un conte
musical qui met en situation la création. Dans la mise en
scène, trois acteurs prennent le conte en charge : un récitant
ou conteur, soutenu par un musicien et une chanteuse pleine de prouesses
dont la voix voluptueuse s'est imposée au public. Communiquant
assurance, consolation et bonheur et parfois tristesse et pleurs.
Leur jeu transporte le spectateur vers une nouvelle ère du
conte africain. Qu'est-ce à dire ? En Afrique, le conteur
traditionnel est un acteur total c'est-à-dire à la
fois diseur, musicien et chanteur. Avec Massa-Dambali, on rompt
avec cette forme traditionnelle de dire le conte. Alain Tailly,
le metteur en scène propose une nouvelle esthétique
du conte qui consiste à dépouiller le jeu de l'acteur-conteur.
Lequel éclate en trois identités distinctes : un conteur
(Adam Adépoju dit " Taxi-conteur "), un musicien
(Gnaoré Zaaka) et une chanteuse (Tondé Wéhidjo).
Les trois formant le triangle de la parole.
Cette innovation
apporte une solution à une situation dans la théâtralisation
du conte africain : l'occupation totale de la scène ; et
met un accent sur la performance des acteurs pour un meilleur rendement.
La performance
oratoire du conteur a retenu l'attention et l'admiration du public.
Qui s'est laissé entraîner au jeu de ce dernier, créant
ainsi une parfaite communion entre le public et la scène.
Communion qui s'est illustrée par des incessants appels-réponses,
des applaudissements , des relances. " Massa Dambali ",
cest surtout une somme d'histoires croustillantes, riches, vivantes
et rythmées qui consacre des talents certains.
Ce conte est
inspiré de l'uvre du Malien Amadou Hampâté
Bâ et adapté par la compagnie Naforo-Ba de Côte
d'Ivoire.
Anastasie
Kouassi
Que
la lumière soit !
On
a beau dire, on a beau faire, mais l'aspect technique est très
important dans un spectacle. Il ajoute des effets pouvant entraîner
le public par delà l'imaginaire et l'intégrer dans
un univers qui, pour lui, deviendra réel.
Effets
sonores, jeux de lumière sont très importants pour
la réussite d'un spectacle, surtout théâtral
ou dansé. Ceci a, une nouvelle fois, été prouvé
grâce au conte musical " Massa Dambali ".
Le
choix des lumières a été des plus judicieux.
Les couleurs claires telles que le blanc, le jaune ou encore celle
d'une ampoule qu'on allume, servent à mettre les spectateurs
dans le domaine du réel, ici et maintenant.
Le
bleu, le rouge ou encore le vert-tons plus chauds-offrent une ambiance
surréaliste et fantastique. L'oranger, quant à lui,
est la clé, la transition entre le réel et l'imaginaire.
Les
couleurs plus foncées, plus sombres (noir et marron) sont,
souvent, utilisées pour créer des moments dramatiques,
mais aussi pour symboliser les lieux étranges, des strates
supérieures, des endroits inconnus où n'existent pas
les différents repères répertoriés par
l'esprit.
Sans
le jeu de lumières, la pièce ''Massa Dambali'' n'aurait,
sûrement, pas crée le même impact sur les spectateurs,
même si ces derniers ont été accrochés
par le conte au niveau auditif : cependant, on peut affirmer que
les lumières leur en ont mis plein la vue
et les a
intégrés dans le spectacle comme si, le taxi traversait
les parties du conte tel des villages. "Que la lumière
soit ! Et la lumière fut ; et ce, grâce à Sam
Bapès. Une lumière à suivre
Z.H
Fantastique
Taxi- conteur
Les
contes sont de belles histoires. Celui que la compagnie Naforo-Bâ
de Côte d'Ivoire a dit, le samedi 30 Août, à
la salle Kodjo Ebouclé du palais de la culture, à
Treichville a instruit le public relativement nombreux qui s'est
déplacé.
Dans
un décor qui retrace les origines du monde, Adam Adépoju,
avec la complicité de Tondé Wéhidjo et de Gnaoré
Zaaka, a conté l'histoire de Massa Dambali. Ce roi incréé,
illimité qui a donné naissance à la première
race humaine : les farasinsins.
Mais,
ironie du sort, le roi des farasinsins, devenu entre temps arrogant
et puissant à cause de sa richesse va se rebeller contre
Massa Dambali.
Une
trame dont le dénouement sera riche en enseignements pour
le public. Qui, sans nul doute, retiendra les leçons de moralités,
données avec beaucoup d'images à travers les proverbes.
Adepoju,
" Taxi-conteur " fera même une incursion dans l'actualité
ivoirienne pour dénoncer les maux qui minent notre société.
Massa
Dambali, un spectacle à voir pour tirer les leçons
des conséquences de l'intransigeance de certains leaders
d'opinion.
La
pièce, née de l'uvre d'Amadou Hampâté
Bâ a été mise en scène par Alain Tailly.
Alain
Tailly a actualisé le conte traditionnel par la musique électronique
et les jeux de scène des acteurs.
Massa
Dambali est une uvre majeure en ce sens qu'elle instruit par
sa morale. " Taxi-conteur " y a dénoncé
le sacrilège et autres incestes. Des maux dont regorge nos
sociétés.
Nul
doute que la 6è édition du Masa va permettre à
" Taxi-conteur " d'embarquer pour d'autres cieux.
Ernest
Aka Simon
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